Règlement

Règlement technique révisé en 2006, texte complet (PDF)

Rapport technique de M.-T. Shewan à l'Assemblée générale 2009 (PDF)

Règlement technique de la F.E.I. (extraits)

PREAMBULE

Lors de la réunion annuelle des cadres de la FEI tenue à La Claquette les 16 & 17 septembre 2006, il a été décidé de modifier le Règlement Technique – adopté lors de l’Assemblée Générale de novembre 1991 – afin qu’il réponde aux nouvelles aspirations découlant de l’évolution de la Fédération depuis sa création en particulier, et des autres organisations d’arts martiaux en général. Devant la diversité que présente l’étude du sabre japonais (nippon to), la Fédération Européenne de Iaï propose une approche universelle de la pratique du iaï et du ken. Cette approche est constituée des bases nécessaires à la maîtrise:

  • du maniement du sabre,
  • des concepts et principes associés à ce maniement,
  • des aspects culturels et philosophiques véhiculés par la culture martiale japonaise.

La FEI propose un curriculum technique qui peut permettre dans le temps d’aborder l’étude approfondie de la plupart des écoles de sabre japonais. Elle n’est ni liée, ni affiliée à un système ryu ou à un maître japonais afin de préserver son éthique et de laisser au pratiquant la liberté de poursuivre plus avant son étude avec la ou les écoles de son choix . La Fédération Européenne de Iaï préconise l’étude du sabre japonais sur 4 plans:
1) La pratique des kata (tandoku renshu): avec un sabre réel (katana) ou d’entraînement (iaïto)
2) La pratique du kenjutsu (sotai renshu): avec un sabre en bois (bokken, bokuto ou tachi)
3) La pratique de la coupe réelle sur cibles (tameshigiri): avec un sabre réel (katana)
4) L’étude de la nomenclature, de l’histoire et de la forge du sabre japonais (nippon to) Ces quatre différentes approches permettent aux pratiquants (shugyusha) d’acquérir les bases de la pratique de l’art du sabre japonais.

La pratique des kata (tandoku renshu)

La pratique des kata s’exécute avec un sabre réel (katana) ou un sabre d’entraînement (iaito). Il existe une multitude d’écoles (ryu) de iaï, anciennes, modernes, spectaculaires, combatives ou simplement éducatives. La FEI a adopté, comme référence de base, l’école Muso Shinden Ryu (originaire du début du XVIIe siècle, puis codifiée vers 1933) car ses techniques sont simples et dépouillées. L’aspect purement combatif n’étant pas sa priorité, le shugyosha peut parcourir la Voie (DO) sans se soucier de l’hypothétique efficacité combative de sa pratique, et ainsi découvrir un des sens cachés du « travail sur soi ». Muso Shinden Ryu se divise en quatre séries distinctes de kata:
1) Shoden (position seiza: à genoux) comprenant 12 kata, également appelée: Omori Ryu.
2) Chuden (position tatehiza: assise avec un genou relevé) comprenant 10 kata (également appelée: Hasegawa eishin ryu ou Eishin ryu).
3) Okuden suwari-iai (position tatehiza: assise avec un genou relevé) comprenant 8 kata.
4) Okuden tachi-iai (position debout) comprenant 10 kata, suivis de 3 kata en seiza

Nomenclature complète des katas

Les bases techniques (kihon)

Quelle que soit la forme utilisée, le iaï consiste à dégainer/rengainer un sabre. Cette gestuelle à elle seule constitue l’essence même de la discipline. Son étude implique la maîtrise de l’arme, du geste et de l’environnement.

image002a) Le dégainement (nukitsuke) nukitsuke constitue l’essence de la pratique du iaï puisque c’est précisément ce mouvement qui permet d’extraire le sabre du fourreau et couper d’un seul geste. De la position du sabre dans la ceinture, logiquement 5 directions de coupe directe et un coup d’estoc peuvent être exécutés, savoir: 1. horizontale: yokoguruma (ichi monji), 2. verticale, de haut en bas: shomen uchi (shinchokugiri), 3. diagonale, de haut en bas, de la gauche vers la droite: hidari kesagiri, 4. diagonale, de haut en bas, de la droite vers la gauche: migi kesagiri, 5. diagonale, de bas en haut, de la gauche vers la droite: gyaku kesagiri, 6. un coup d’estoc, qui fait partie des nukitsuke: tsuki.

b) La ou les coupes (kiritsuke) En règle générale, un kata de iaï est composé d’une ou plusieurs coupes, exécutées immédiatement après le nukitsuke. Huit sont les directions fondamentales de coupe (HAPPO-GIRI) avec le sabre hors du fourreau, à savoir: 1. de haut en bas: shomen uchi, (shinchokugiri), (1 à 5) 2. de haut en bas, de la droite vers la gauche: migi kesagiri, (8 à 4) 3. de haut en bas, de la gauche vers la droite: hidari kesagiri, (2 à 6) 4. de la droite vers la gauche: migi yokoguruma, (7 à 3) 5. de la gauche vers la droite: hidari yokoguruma, (3 à 7) 6. de bas en haut, de la droite vers la gauche: migi gyaku kesagiri, (6 à 2) 7. de bas en haut, de la gauche vers la droite: hidari gyaku kesagiri, (4 à 8) 8. un coup d’estoc: tsuki. Chaque coupe est associée à une ou plusieurs gardes de base (kamae): 1. chudan no kamae, seigan no kamae 2. gedan no kamae 3. jodan no kamae 4. hasso no kamae, 5. waki kamae Cependant d’autres gardes, moins basiques, sont également à étudier. Le perfectionnement du kiritsuke est étroitement lié à la pratique du kenjutsu, qui sera abordée au point 1.2 ci-dessous.

c) Nettoyage (combatif) de la lame (chiburi) Il s’agit d’un geste précis – variant suivant le style pratiqué – figurant l’enlèvement du sang résiduel de la lame avant de rengainer. Bien entendu, ce geste symbolique est dénué de sens pratique puisque d’une part, le kata est un combat simulé contre un ou plusieurs adversaires qui n’existent que virtuellement et, d’autre part, ce geste, aussi rapide et efficace soit-il, ne suffirait pas à débarrasser la lame des souillures qui s’y seraient déposées. En revanche, il permet au shugyusha de renforcer le zanshin.

d) Le rengainement (noto) Tout kata de iaï commence par nukitsuke et finit par noto. Ces deux mouvements sont donc indissociables et constituent l’essence même de cette discipline. Mais à ce niveau également, le geste technique varie suivant le style de iaï pratiqué. La tradition Muso Shinden présente des différences de rengainement par série de kata. Quoiqu’il en soit, il est vivement conseillé de se perfectionner dans les différents modes de rengainement, selon tous les angles possibles.

L'étude d'autres traditions de iaï

Bien qu’ayant adopté la tradition Muso Shinden comme "école de référence" pour transmettre aux shugyosha les bases du travail au sabre, la FEI encourage les plus avancés à étudier d'autres traditions afin d'élargir leurs connaissances. Le choix de ces traditions* se fera librement selon les circonstances du moment et les opportunités. De ce fait, les shugyosha européens d'autres styles de iai seront, bien entendu et s'ils le désirent, chaleureusement accueillis au sein de la Fédération. Les conditions de leur admission au sein de la FEI sont définies dans les statuts.

* Seront exclues, par respect pour le patrimoine culturel japonais, les Ecoles dont les responsables (soke ou dai) auront officiellement et clairement interdit la diffusion de l’enseignement hors de leur dojo ou hors du Japon. En revanche, les styles ne possédant pas un arrière plan historique les classant formellement dans les ryu classiques, pourront éventuellement faire l’objet d’une étude au sein de la FEI.  

La pratique du kenjutsu (sotai renshu)

Limiter l’étude du iaï au seul apprentissage des kata priverait le pratiquant de la compréhension, physique autant que psychologique, des principes de base qui constituent l’essence de la pratique martiale en général et du sabre en particulier, tels que:

  • ma-aï (l’espace-temps),
  • kiri-otoshi (la coupe directe au travers de la coupe de l’adversaire),
  • ki-aï (coordination de l’énergie),
  • awase/hazushi (le rythme),
  • riaï (cohérence technique et dynamique).

C’est pourquoi la FEI inclut dans son curriculum l’étude du kenjutsu. Pour l’enseignement de cette partie de l’apprentissage du pratiquant, la FEI s’appuie sur les exercices de base développés par le Collège technique à partir de 2004, ainsi que sur l’aïkiken (la pratique du bokken en aïkido). D’autres écoles pourront également être étudiées en fonction des compétences particulières des enseignants de la FEI. sotairenshu correspond à une mise en situation « aussi réelle que possible » des techniques et principes étudiés en tandokurenshu.  

La pratique de la coupe réelle (tameshigiri)

L’étude du iaï serait dépourvue de sens si elle ne s’appuyait pas sur l’acquisition de la capacité de couper réellement avec un sabre. Tout yudansha trouvera enrichissant d'expérimenter, occasionnellement, cet aspect de la pratique et ainsi améliorer, entre autres:

  • le protocole correct (reishiki),
  • la tenue du sabre (te no uchi),
  • l’attitude (shisei),
  • la précision des trajectoires (hasugi)
  • les divers angles de coupe (happo giri).

Pour ce faire, diverses cibles sont utilisées telles que: bambous, nattes en paille (préalablement humidifiées), ficelles suspendues, et toute autre cible qui ne porte pas atteinte au bon sens, à la préservation du katana utilisé et de l’environnement. Lors de l’organisation de ce type de pratique en groupe, qui devra nécessairement avoir lieu sous la direction d’un technicien disposant d’un certificat d’enseignement (chuden ou kuden), les règles de sécurité seront nécessairement draconiennes.

Nomenclature et forge du sabre japonais (nippon-to)

Comme tout bon artisan, le pratiquant de iai doit connaître son outil et son mode de fabrication. Cette étude s’articule autour de trois pôles:

  • nomenclature: le pratiquant s’appliquera, dans un premier temps, à mémoriser en langue japonaise les différentes parties du sabre japonais;
  • appréciation historique et esthétique (kantei), c’est-à-dire la reconnaissance des diverses techniques utilisées par les forgerons japonais au cours de leur histoire. Le pratiquant devra s’attacher à parfaire sa connaissance en kantei et la FEI organisera dans ce sens des stages de formation;
  • forge et fabrication, et ce en collaboration avec le Groupe de Recherche de Métallurgie Traditionnelle (GRMT), fondée par M.T. SHEWAN ainsi que METALLICA fondée par Christian MORETTI dans le but d’offrir aux pratiquants l’opportunité de forger réellement l’acier. · Une connaissance au sens plus large du développement des différentes classifications martiales (kobujutsu, kobudo, shinbujutsu, shinbudo) est nécessaire pour situer culturellement la pratique du iaï.